HIJRA - ASH KOTAK - LA VERRIERE LILLE

Publié le par Christophe

Hijra  par le Collectif d’acteurs du Théâtre du Nord. Dans le cadre de BOMBAYSERS, le texte de l’auteur indien Ash Kotak, une comédie brillante et grinçante sur le tabou de l’homosexualité en Inde, a d’abord été lu, puis mis en voix et mis en scène au Théâtre du Nord. Fort de son succès, il est repris et accueilli cette saison à la Verrière. Du 3 au 7 octobre. A VOIR !
Rendez-vous vendredi 5 octobre à 20h30.

Du 3 au 7 octobre 2007

Théâtre du Nord
Texte de Ash Kotak, avec le Collectif d'acteurs du Théâtre du Nord : Sébastien Amblard, Chloé André, Azeddine Benamara, Mounya Boudiaf, Christophe Carassou, Jonathan Heckel, Anna Lien, Caroline Mounier, dirigé par Stuart Seide, production Théâtre du Nord, coproduction Bozar à Bruxelles.

 


Comédie de moeurs brillante et grinçante, Hijra voyage d'Inde en Europe, examinant le tabou de l'homosexualité en Inde, et les mutations de la morale pour les Indiens de la diaspora.

Durée du spectacle 1 H 30

 Mercredi    3   Octobre  20h30
 Jeudi
 4  Octobre  19h
 Vendredi
 5  Octobre  20h30
 Samedi
 6  Octobre  20h30
 Dimanche
 7  Octobre  16h

 Réserver : resa@verriere.org


Hijras                                                                    

 

Pour ressembler à la déesse-mère, ces hommes ont choisi de vivre en femmes et font partie intégrante de l'hindouisme. On estime leur nombre entre 200 000 et 2 millions. Les hijras viennent de toutes les castes, on compte même des personnes à l'origine musulmanes dans leurs rangs. Elles exigent que les quelques rares enfants nés hermaphrodites leur soient remis, elles les élèveront elles-mêmes. Les hijras forment une communauté vénérant un avatar de la Shakti, Bahuchara Mata. On aurait tort de croire les pratiques homosexuelles admises en Inde, elles sont toujours réprimées par la loi, mais les hijras forment un genre à part.

 

Musiciennes et chanteuses, elles participent à la bénédiction des enfants mâles ainsi que celle des jeunes mariés. Elles sont censées pouvoir guérir de l'infertilité et se font rémunérer leurs services parfois à des prix très élevés. Lorsqu'un fils naît, les hijras organisent une cérémonie au cours de laquelle elles intègrent les fautes passées du nouveau-né. Après des danses, rythmées par des tambourins, elles bercent l'enfant avec des gestes tout à fait maternels afin de bénir sa nouvelle vie.

 

Les communautés d'eunuques s'organisent autour d'un gourou. D'abord Kothis (travestis), elles subissent une émasculation complète (en hiver, pour éviter les infections) au cours d'une cérémonie bénie par leurs soeurs. L'ablation des testicules et du pénis est interprétée comme une seconde naissance. Comme dans les pratiques yogiques, la maîtrise du désir converti la capacité procréatrice en énergie intellectuelle, à l'image de Shiva. C'est pourquoi les "nirva moorath" (eunuques) tiennent une position élevée dans les communautés d'hijras. 70% d'entre elles sont "akwa moorath", elles ont gardé leur attributs masculins mais ingèrent des hormones et se font poser des implants mammaires pour devenir femmes.

 

Une fois par an, par une nuit de pleine lune, elles se réunissent au  village de Koovagam, pour jouer un des épisodes du Mahabharata. Fatigués des combats sans fin entre les Kauravas et les Pandavas, les dieux décidèrent que serait déclaré vainqueur le clan qui leur sacrifierait un jeune homme. Le prince Aravan, du clan des Pandavas, se désigna mais exigea de connaître les joies du mariage avant son sacrifice. Aucun père ne voulu donner sa fille, promise à un veuvage et condamnée par la suite à vivre dans la misère. Krishna s'incarna alors, pour une nuit, en Mohini l'enchanteresse et s'unit à Aravan. C'est pourquoi chaque année, les hijras commémorent l'union de Dieu et des hommes.

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Publié dans desiderio

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