Un secret de Philippe Grimbert * Un secret de Claude Miller

Publié le par Christophe

"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère..."

Au commencement de ce roman, le narrateur raconte que, petit garçon et fils unique, il s'est inventé un frère. Ce fantôme tyrannique a hanté ses jeunes années. Entouré de silence, ployant sous une culpabilité familiale, le narrateur éprouve le besoin de raconter un passé qu'il s'imagine lisse et tranquille jusqu'à ce que Louise, vieille amie de ses parents et confidente de l'enfant, vienne tout d'un coup lui révéler un secret lourd et bouleversant.

Le roman de Philippe Grimbert s'inspire d'un secret de famille, dont la révélation décida de sa profession de psychanalyste. Un secret est un livre subtil, émouvant, sur la culpabilité, le mensonge. Les dernières pages sont poignantes.

 

Claude Miller a adapté le roman qui sortira en octobre dans les salles avec Cécile de France, Ludivine Sagnier et Patrick Bruel. 

 

Interview (extraits) du 17/04/07 de Jean-Luc Brunet 

Claude Miller à propos de son nouveau film
LE SECRET   
 

UN SECRET, votre nouveau film est  adapté d’un livre, celui de Philippe Grimbert. Qu’est ce qui vous a plu dans cette histoire ? Et préférez vous adapter ou travailler sur un scénario original ?   

Ce qui m’a particulièrement plu dans UN SECRET, c’est qu’il s’agit d’une histoire de passion amoureuse et adultère, avec tout ce que ça comporte d’amoralité, c'est-à-dire qu’elle ne s’encombre pas de scrupules. De plus, cette histoire se passe sur fond de shoah, elle n’aurait pas eu du tout le même retentissement si elle n’avait pas eu lieu à cette période, c’est ce qui la rend très bouleversante. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus car nous entrerions alors dans le secret. Sinon, je prends beaucoup de plaisir à adapter. J’ai fait une quinzaine de films dans ma vie et il n’y en a que deux qui ont des scénarios originaux. Je ne suis pas un constructeur d’histoire, même si je participe évidemment au scénario de tous mes films, avec ou sans coscénariste. Ce qui me plait le plus, c’est de poser des bases, des personnages, un concept d’histoire ou un pitch, comme on dit aujourd’hui, et à partir de là, rêver le film. Rêver chaque image, chaque séquence, chaque dialogue, c’est pour ça que je suis très heureux dans l’adaptation, c’est sûrement l’exercice que je préfère. Lorsque je travaille sur un scénario original, il y a le vertige de la page blanche, tout est à faire et là, je m’angoisse, je suis beaucoup plus anxieux, je fais beaucoup d’auto critique.   

 

Néanmoins, votre espace de liberté n’est pas le même quand vous adaptez l’histoire d’un autre comme c’est le cas avec celle que raconte Philippe Grimbert dans UN SECRET…   

Je comprends bien ce que vous me dites mais en fait, je ne ressens pas de problème de liberté car je suis un irresponsable, un immoral ou un amoral et que je me sens totalement libre de faire ce que je veux. Si j’ai affaire à un auteur vivant, je le préviens et en général, je fais en sorte qu’il ne participe pas à l’écriture du scénario parce que c’est trop frustrant pour lui qui a passé plusieurs mois de sa vie à l’écriture de cette histoire. Il y a mis son âme, son cœur et si on commence à s’affronter sur des points de détails, ça risque être beaucoup trop douloureux et frustrant, surtout pour lui. Je pense que ce n’est pas très sain qu’un auteur participe à ce travail et puis ce sont deux métiers très différents. Ca m’est quand même arrivé une fois sur LA CLASSE DE NEIGE, mais Emmanuel Carrère est quelqu’un qui était déjà dans le cinéma, il avait été critique et il s’est d’ailleurs adapté ensuite, lui-même, en réalisant LA MOUSTACHE, donc ce n’était pas tout à fait pareil. Là, avec UN SECRET, il se trouve que c’est un roman autobiographique, ça rajoute donc beaucoup de responsabilité. Sur ce type de projet, il vaut mieux que l’auteur accepte pour un temps de faire adopter son bébé. En tous cas, dès que le film a trouvé une cohérence à mes yeux, je l’ai montré à Philippe Grimbert. C’est devenu très vite un véritable ami, avant même d’avoir vu le film et je crois qu’on est encore plus amis maintenant qu’il l’a découvert. Ca me touche énormément même si ça ne présage en rien de ce qu’en pensera le public, mais Philippe en tout cas est heureux et ça me fait plaisir.

 

Interview complète :

http://cinema.aliceadsl.fr/interview/detail/default.aspx?articleid=AR00019753

Publicité

Publié dans desiderio

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article