Ronan Chéneau
L'Hippodrome Douai
Né à Brest en 1974, Ronan Chéneau a fait des études (longues) de philosophie. Depuis 2000, il développe avec le metteur en scène David Bobée les procédés d'une dramaturgie originale, où le texte, comme un matériau brut, se construit au coeur du plateau, en dialogue constant avec les comédiens. Ses textes, qui sont pour la plupart des prises de parole directes, parfois autobiographiques, interrogent sans ménagement l'individu aujourd'hui, sa liberté politique, sexuelle... Puisant aussi bien dans la publicité, le journalisme grand public, la grande littérature et la vulgate politico-économique, Ronan Chéneau reconnaît ses références du côté des plasticiens et des poètes sonores. Avec David Bobée et le groupe Rictus, il termine une trilogie sur l'actuelle génération des 25-30 ans. Les deux premiers volets, Res/Persona et Fées, ont été créés en 2004 au CDN de Normandie. Le troisième, Cannibales, a été créé en janvier 2007 à l'Hippodrome - Scène nationale de Douai. Les chantiers de création, commencés en janvier 2006, sont notamment accueillis au Crac de Cherbourg et au Théâtre de la Foudre - Scène nationale de Petit Quevilly. Ronan Chéneau a obtenu la bourse du CNL en 2005. A propos de Cannibales : « A la suite de Res/Persona et de Fées, le dispositif scénographique est de première importance - il s'agira en l'occurrence d'un intérieur particulier, dont une chambre à coucher. Je travaillerai sur l'habitat contemporain (de quoi nous protège-t-il ?), sur la parole (nécessairement intime) qui s'y joue, et j'essaierai, peut-être par le prisme d'une histoire d'amour, de traduire l'imminence d'une catastrophe... »
PROPOS CHOISIS
"Je suis né en 1974 à Brest, j'ai fait tout un tas de choses avant de me décider pour le théâtre (et encore ce n'est peut-être pas définitif), j'ai aimé passionnément les livres, j'ai un DEA de philosophie, j'ai énormément travaillé Kant, j'ai aussi fait beaucoup de musique et de peinture et j'y ai cru à chaque fois, je suis passé par l'édition, la formation, j'ai fait de très mauvais boulots aussi, surtout à partir du moment où j'ai décidé sérieusement d'être écrivain. J'ai réussi un jour à finir un roman, péniblement, où il était question à la fois de l'écrivain et de l'écriture, où différents plans narratifs se mélangeaient, avec aussi l'histoire d'une perte. Et puis, le théâtre en quelque sorte est venu à moi. En 2001, j'écrivais un petit texte, En tête, à la demande d'un jeune metteur en scène dont j'appréciais particulièrement le travail. Plus tard, il me demandait un monologue pour une comédienne, il voulait que j'écrive vraiment pour elle, alors j'écrivais Res/Persona, plus tard encore j'écrivais Fées. Pour ces deux textes, crées au CDN de Normandie et en tournée, j'ai reçu l'aide à la création (DMDTS). Pendant deux ans, au sein du même CDN, j'ai contribué à la création du Laboratoire d'imaginaire social : un vivier où techniciens, comédiens, metteurs en scène se proposent de créer dans l'urgence, d'inviter le spectateur à s'immerger dans la « fabrique » de théâtre. Depuis, un réseau s'est formé, aux ramifications multiples, qui regroupe différentes tendances, talents, compagnies. Notre point commun est que nous nous sentons proches, tous, de ceux qui aujourd'hui travaillent à « désemplir » le théâtre, à le débarrasser de ses oripeaux et lui ramener d'autres éléments, d'autres savoir-faire. Pour le dire vite, nous n'avons ni fascination, ni complexe morbide avec les nouvelles technologies (nous avons grandi dedans). Il en va de même avec la culture « populaire », avec les matériaux « non nobles » avec le graphisme par exemple, ou avec la mode, la publicité ou la com' ; avec aucune de ces formes/signes, langages qui nous entoure. Je mets un point d'honneur à traiter des problèmes contemporains, pourvu qu'ils brûlent. Je ne me réclame d'aucun genre/style ou subterfuge dramaturgique, je ne pense pas contre les formes d'écriture habituelles au théâtre, je pense sans. Parmi mes références comptent nombre de poètes/performeurs contemporains (Giorno, Acker, Tarkos, Bouvet, Arlix, Fiat, Cooper, Giraudon, Heidseick, Levé, Ono, Dustan, Nijinski, Handschin, Lopès et j'en passe...), mais aussi, quelques « dramaturges » hors pairs (Garcià, Rambert, Duyns...). J'aime que le texte soit un élément parmi d'autre de la machine théâtrale, comme le son et la lumière, j'aime qu'il reste quelquefois à la périphérie. Je travaille toujours l'écriture proche de l'acteur, jamais a priori, toujours pour du vivant, du présent. Fées, Res/Persona, Cannibales sont édités aux Solitaires Intempestifs. J'ai trois milliards de projets." R.Chéneau http://www.solitairesintempestifs.com/fr/auteur208.html
Si quelqu'un sait où je peux me procurer l'ouvrage collectif Chais qu'il me le fasse savoir...

ATELIER D'ECRITURE
Ronan Chéneau L’Hippodrome Douai Je m’amuse… "Sourires. Poignées de mains. Clins d’oeil. Accolades. Vite fait. Je m’amuse. Vite dit. A gauche. Comment vas-tu ? A droite. Comment vas-tu ? Bien. Et toi ? Bien. Et toi ? Bien. Et toi ? Balle au centre. Je m’amuse. Vite dit. Accolades. Clins d’œil. Poignées de mains. Sourires. Vite fait. J’embrasse. Grimaces. J’évite. Je trinque. Je bois. Pourquoi c’est toujours les mêmes qui s’amusent ? Je déglutis."
Christine, Denis, Siegfried... Vous m'avez ému...
A bientôt pour un prochain stage !