Le film du mois + Budget Lille 3000
Babel de Alejandro González Inárritu 
| Synopsis |
|
Secrets de tournage
| Une grande tour et un titre... | ||
| Le titre du film fait référence à la tour de Babel, épisode biblique situé dans la Génèse. Les fils de Noé voulurent élever à Babel (nom hébreu de Babylone) une grande tour pour atteindre le ciel. Dieu, pour punir les hommes, aurait alors anéanti ces efforts, par la création de différentes langues pour les peuples vivant sur terre. Alejandro González Inárritu explique qu'il voulait "englober toute l'idée de la communication humaine, ses ambitions, sa beauté et ses problèmes, en un seul mot". Il a envisagé beaucoup de titres différents, sans résultat. Il s'est alors inspiré de la Génèse, ce fut une révélation : "C'était comme une métaphore pour le film. chacun de nous parle sa propre langue, différente des autres, mais nous partageons tous la même structure spirituelle". | ||
| La fin d'une trilogie | ||
| Avec Babel, le réalisateur Alejandro González Inárritu termine une trilogie entamée six ans plus tôt avec Amours chiennes qui raconte le destin de trois hommes réunis par un tragique accident de voiture. En 2004, le second volet 21 grammes repose sur le même principe que son premier film, à savoir les destins croisés de plusieurs personnages réunis par la mort. Sean Penn, Benicio Del Toro, Naomi Watts, Charlotte Gainsbourg constituaient le casting quatre étoiles de ce drame. | ||
| Présenté à Cannes | ||
| Babel a été présenté en compétition au 59ème Festival de Cannes. C'est la première fois que le réalisateur Alejandro González Inárritu était en compétition. Son premier film Amours chiennes avait été présenté au Festival de Cannes en 2000 dans la Section parallèle. Babel a valu au metteur en scène le Prix de la mise en scène et le Prix du Jury Oecuménique. | ||
| Les lieux de tournage | ||
| Le tournage de Babel commencé en mai 2005 au Maroc s'est déplacé ensuite au Mexique, puis à Tokyo au Japon. Ces trois pays ont joué un rôle dans la vie de Alejandro González Inárritu. Ainsi, son voyage au Maroc à l'âge de 17 ans, la vision du désert et des montagnes lui ont donné envie d'y réaliser un film. Durant la promotion de 21 grammes, il s'est rendu au pays du soleil levant et a visité l'endroit d'Hakone, frappant pour sa montagne et ses eaux thermales chaudes. C'est sur ce site qu'il vit une scène qui inspira une des trois histoires de son film : un vieillard s'occupait d'une adolescente mentalement retardée. Enfin, le réalisateur a immigré de son Mexique natal aux Etats-Unis, il voulait qu'une des histoires se déroule dans le contexte de la frontière américano-mexicaine. | ||
| Tokyo, un tournage éprouvant... | ||
| La capitale du Japon étant le seul lieu urbanisé qui a servi de décor au film, les difficultés de tournage n'ont pas été moindres. Alejandro González Inárritu explique les problèmes qu'il a rencontrés durant la période de tournage au pays du soleil levant : "Tokyo a été une expérience aussi merveilleuse qu'éprouvante. Les choses vont très lentement là-bas et il n'existe pas de commission du film pour vous aider. Il n'y a pas de permission pour tourner, il faut donc constamment échapper à la police. Il a fallu braver tout ça et travailler dans un esprit un peu guerilla, être prêts à improviser, à se déplacer vite...". | ||
| Un casting haut de gamme et non-professionnel | ||
| Pour son troisième film, Alejandro González Inárritu a réuni autour de lui Brad Pitt, Cate Blanchett et Gael Garcia Bernal. A coté de ces stars, le réalisateur mexicain a, pour la première fois, décidé de faire appel à un casting non-professionnel, une décision pas facile à prendre, il s'en explique : "Travailler avec des non-acteurs a été un vrai challenge, mais cela a aussi rendu tout plus réel. Lorsque nous avons commencé le casting, je me suis rendu compte que les acteurs professionnels au Maroc ne ressemblaient pas à des habitants du désert, parce que leur peau était trop douce, leur look trop travaillé". Le département du casting a dû choisir soigneusement des charpentiers, des programmateurs informatiques. Les annonces de casting étaient passées grâce aux haut-parleurs des mosquées dans les petits villages du Sahara. L'apport de non-professionnels était "la meilleure décision du film", selon le réalisateur. |
LILLE 3000 : Bombaysers...
Pour les curieux : combien ça coûte ?

Environ 7,5 millions d'euros investis. Les investisseurs privés
représentent près de la moitié du budget de Lille 3000.
"Cela fait partie de notre volonté de ne pas tout faire reposer
sur les impôts mais de faire également appel aux grands groupes
qui nous aident d'ailleurs à promouvoir l'événement. Auchan, Edf
ou SFR touchent beaucoup de personnes qui ne seraient peut-être
pas venues si elles n'avaient pas été informées là où elles
vivent", explique Didier Fusillier, directeur de Lille 3000.
Finalement, la répartition du budget de Lille 3000 est à peu
près égale entre la ville de Lille, qui finance 46% du montant
total, et les partenaires privés qui financent également 46% du budget.
Restent 8% que d'autres organismes publics subventionnent.
Au total donc, 7,5 millions d'euros constituent le budget de
Lille 3000, de quoi organiser sur trois mois plus de 370
événements et 80 expositions. Avec l'espoir que les succès
financier, touristique et culturel seront au rendez-vous comme
ils l'ont été pour Lille 2004. D'importantes retombées
médiatiques sont également attendues.
Vive le mécénat !!! Mais attention aux dérapages...