Subodh Gupta - God Hungry

Publié le par Christophe

Subodh GUPTA - Église Sainte Marie-Madeleine

jusqu'au 14 janvier...

A 42 ans, Subodh Gupta fait partie des figures de proue de l’art contemporain indien et s’exprime avec autant d’aisance par le biais de la peinture, la sculpture, la vidéo ou la performance. Son travail s’inspire du quotidien extrêmement ritualisé et codé de son pays où l’imbrication de la tradition et de la modernité est manifeste.

             Au coeur de ses oeuvres, on retrouve les objets qui font son quotidien et celui de centaines de millions d’indiens. Les ustensiles de cuisine en acier inoxydable, le seau à eau ou le pot à lait, la vache et ses bouses... Ces objets communs dépassent leur dimension traditionnelle. Subodh Gupta vit et travaille à Delhi. Il a été invité en France à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2004 et a participé aux Biennales de Moscou et Venise en 2005. Il expose à Bombay, Chicago, New York et Paris pour la «Nuit blanche » 2006.

             Il présente à Lille, dans le cadre de Bombaysers, «God Hungry», une cascade monumentale de vaisselle qui occupe le centre de l’Église Sainte Marie-Madeleine, sous la coupole. Le dieu affamé et cette énorme vague sont pour l'artiste une «citation» du tsunami qui a ravagé l’Inde en 2004.

 

                   Deux autres oeuvres de Subodh Gupta sont présentées dans les expositions le Troisième Oeil et Bombay, Maximum City.

 

 

 Interview de l’artiste Subodh Gupta  

 

 Pourquoi des ustensiles de cuisine ?

 Subodh Gupta : J’ai une affection particulière pour les cuisines. Quand j’étais petit, je voyais cette pièce comme un lieu de prière, une sorte de temple. Pour moi, c’est un endroit chargé de spiritualité. Mais c’est aussi, bien sûr, un emblème de la vie quotidienne : 80 % des Indiens se servent d’ustensiles de cuisine en acier inoxydable. C’est un matériau très paradoxal : il attire la lumière, il resplendit, tout en restant profondément associé à la culture populaire. C’est parce que l’acier inoxydable est aussi riche de sens que je travaille avec depuis maintenant neuf ans.

 Pouvez-vous nous expliquer le nom de l’œuvre : « God hungry » (Dieu affamé) ?

 SG : Quand il se passe quelque chose de malheureux sur la terre, que ce soit une catastrophe naturelle ou une guerre, on dit toujours : « God is being hungry », comme si c’était Dieu, affamé, qui avait englouti le monde. Et quand Dieu a faim, il ne se contente pas d’une seule assiette !

 Que pensez-vous de l’installation dans l’église Sainte Marie-Madeleine ?

 SG : C’est fabuleux. Quand on m’a proposé de créer quelque chose spécialement pour cette église, j’ai accepté tout de suite. C’est mieux que n’importe quelle galerie, parce qu’ici, l’œuvre atteint une dimension spirituelle qu’elle aurait plus difficilement ailleurs.

 Vous définiriez-vous comme quelqu’un de religieux ?

 SG : Non, pas du tout. J’ai été élevé dans une famille hindoue pratiquante, mais moi, je pense que Dieu est humain. Pour les hindous, chaque homme est un dieu.

 interview réalisée par Chloé Aeberhardt  http://bombaysers.esj-lille.fr/spip.php?article17

Publié dans desiderio

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article